Il s’agissait, pour les commanditaires de ces monuments, et pour l’Etat en tout premier lieu, de permettre un développement harmonieux des arts et de la sculpture en particulier, mais aussi de faire passer un message, le plus souvent d’ordre politique, à la population.
Le culte des « Grands hommes » avait pour origine l’exaltation des valeurs de la République. On le voit, par exemple, dans les monuments qui honoraient les savants et les médecins, considérés comme les garants des progrès de l’humanité contre l’ignorance et la maladie.
Les sculptures consacrées à Pasteur, représenté à Nogent-sur-Seine à la fois dans la pose du savant respecté et d’importance internationale, et dans l’attitude de l’homme de tous les jours, celles dédiées au Docteur Ollier, démontrent qu’il était possible, en adhérant à ces valeurs, et quelles que soient les origines d’un individu, aussi modestes soient-elles, d’atteindre la gloire grâce au travail, au dévouement, dans le cadre des valeurs de la République.
Parmi les figures de référence de la société française de l’époque figuraient aussi des héros et des héroïnes. En premier lieu, Jeanne d’Arc. Réhabilitée au 19e siècle par Jules Quicherat (1841-1849) et Jules Michelet (1841), la jeune bergère de Lorraine qui contribua à délivrer la France de l’occupant Anglais, allait devenir une importante figure de dévotion.
L’action en béatification fut engagée en 1869, juste avant la guerre franco-prussienne. La défaite française, la perte de l’Alsace-Lorraine, ne firent que rendre Jeanne plus populaire encore dans le cœur des Français.
Le Monument équestre à Jeanne d’Arc, par Paul Dubois, qui est exposé accompagné par quatre études pour le visage du personnage, est une œuvre importante dans l’iconographie de celle qui était alors en cours de béatification, avant sa canonisation en 1920.
Quelques années avant la 1ère Guerre mondiale, et au moment de l’accord franco-russe, la France n’était plus isolée et retrouvait des instincts belliqueux, une nation empressée de laver l’affront de la défaite et de l’amputation d’une partie symbolique du territoire national. Que Dubois représenta Jeanne en chef de guerre, portant l’armure et l’épée brandie au lieu de l’habituel étendard, ne doit donc pas étonner, envers une population d’abord meurtrie puis avide de revanche.
Dans le domaine funéraire, une importante série d’œuvres dues à Paul Dubois proviennent du monument au général Lamoricière. Ce tombeau, érigé en la cathédrale de Nantes, fut l’un de ses chefs-d’œuvre en même temps que le sommet de la référence à l’art italien. Les figures de la Charité, de la Foi, du Courage miltaire et de la Méditation, montraient leur dette envers la sculpture italienne, tout particulièrement Michel-Ange et son monument à la famille Médicis.
Le Souvenir, qui célébrait l’Alsace et la Lorraine sous la forme d’une représentation allégorique de deux femmes éplorées, fut une œuvre extrêmement populaire de Paul Dubois. Alfred Boucher est également représenté par les quatre reliefs du Monument à Eugène Flachat, qui mettent à l’honneur le travail manuel et l’industrie. Hormis ces œuvres, on peut aussi découvrir Loin du monde, par Henri Allouard, qui évoque Héloïse, cloîtrée dans l’abbaye du Paraclet, proche de Nogent-sur-Seine.
D’Alfred Boucher, La Faneuse et L’Inspiration. Cette dernière composition témoigne des grandes commandes de l’Etat : taillée dans la pierre, et de dimension monumentale, elle est toujours visible sur la façade principale du Grand Palais à Paris, l’une des grandes commandes publiques prévues dans le cadre de l’Exposition Universelle de 1900.
De Paul Dubois, ajoutons Narcisse et Eve naissante ; Le Poète et la Sirène, par Emmanuel Hannaux ; Le Terrassier, Le Rêve, L’Aube, par Emile Laporte ; Chagrin, et Dernières feuilles, par Georges Loiseau-Bailly ; La Vendange, par Marius Ramus, l’une de ses dernières œuvres ; La Bruyère et L’Age de Pierre, de Gabriel-Jules Thomas.






