Religion, histoire & mythologie
Les sujets inspirés par la religion, l’histoire et la mythologie ont eu une grande importance à cette époque. Il en est ainsi de la sculpture commémorative avec des bronzes de Paul Dubois ayant servi à la réalisation du tombeau du général de Lamoricière comme La Prière, La Charité, La Méditation et Le Courage militaire.
Le patrimoine Nogentais
Ville d'art et d'Histoire, Nogent-sur-Seine a su allier au fil des âges développement culturel et économique de par la richesse de son patrimoine et la rencontre avec des personnages illustres.
La ville en images
Entre 1876 et 1879, la famille Claudel s’installa dans la maison de la rue Saint-Epoing, et la jeune Camille Claudel sollicita auprès d’Alfred Boucher les rudiments de son art. Il faut aussi se souvenir des fréquents séjours de Gustave Flaubert à Nogent-sur-Seine, qui y situa une bonne partie de son roman L’éducation sentimentale. Un parcours Flaubert permet de découvrir des bâtiments que décrivit Flaubert et qui sont toujours en place. Nogent-sur-Seine vit aussi de nombreux séjours de la famille Boeswillwald, dont le musée possède de nombreux tableaux d’Emile Artus Boewillwald, mort en 1934. Cette ville qui doit à la Seine, depuis le Moyen Age, une importante part de son développement économique, présente encore de nombreux atouts.
La « maison Claudel » est caractéristique des maisons bourgeoises du 18e siècle. Le théâtre à l’italienne, situé à proximité, fut construit en 1868, et décoré par Alfred Boucher. En entrée de ville, les moulins Soufflet, édifiés en 1908 par Paul et Léon Sassot, dressent leur architecture imposante sur la Seine. Ils sont le plus beau témoignage de l’architecture industrielle dans la ville. Les Halles, tout près des moulins, construites en 1851, sont au centre d’une vaste place dans lequel se tient le marché le samedi matin.
À proximité de l’entrée de ville, Nogent-sur-Seine offre la possibilité de promenades le long de la Seine, et la découverte de l’île Olive et de son parc arboré. Le plan d’eau du Monteuil, en cours d’aménagement, se veut un lieu de détente et de promenade, un lieu d’observation de la faune et de la flore. Dans le cœur de bourg se trouve aussi le Pavillon Henri IV, construit au 16e siècle. Ce lieu est utilisé pour des expositions temporaires régulières. L’église Saint-Laurent, construite aux 15e et 16e siècles, est classée Monument Historique depuis 1908. Elle renferme de nombreux tableaux anciens de grande qualité, et une collection importante de sculptures. Les œuvres sont régulièrement restaurées, et un projet de restauration du bâtiment a été proposé par Eric Pallot, architecte en chef des Monuments Historiques.
À quelques kilomètres de Nogent-sur-Seine se trouvent également l’abbaye du Paraclet, dans laquelle Héloïse termina sa vie ; et le château de La Motte-Tilly, construit au 18e siècle. La situation géographique de Nogent-sur-Seine constitue aussi un atout, à la lisière de l’Île-de-France et de la Bourgogne. Située à la limite de la région Champagne-Ardenne, la ville avoisine les départements de la Marne, de la Seine-et-Marne et de l’Yonne. Elle est à 20 km de Provins, à 40 km de Sens, à 50 km de Troyes et à 110 km de Paris.
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Historique
En 1902, deux sculpteurs célèbres, Alfred Boucher et Paul Dubois, le premier élève et ami du second, unissaient leurs efforts pour proposer à la ville de Nogent-sur-Seine la création d’un musée dédié principalement à la sculpture contemporaine.
C'est l'histoire d'une renaissance...
Paul Dubois était le plus célèbre des deux sculpteurs. À l’époque, il était le directeur de la prestigieuse Ecole des Beaux-Arts de Paris. Les sculptures offertes étaient essentiellement des plâtres-modèles, qui avaient été utilisés dans la genèse de certaines œuvres, exécutées ensuite en marbre ou en bronze. En offrant ces œuvres, les deux artistes définissaient durablement le champ d’activités du musée de Nogent-sur-Seine, à savoir la sculpture française de la IIIe République, dans son aspect classique et académique.
Devenir un sculpteur, à cette époque, était chose difficile, la plupart des impétrants provenant de milieux souvent modestes. Pour obtenir les commandes officielles qui assuraient le renom et la fortune, ou du moins l’aisance matérielle, il s’agissait de
réussir le Prix de Rome à l’issue d’un concours difficile et exigeant. Alfred Boucher ne l’a pas obtenu, mais il a pu partir en Italie, grâce à la municipalité de Nogent-sur-Seine et du département de l’Aube qui lui avaient octroyé une bourse. Par un juste retour des choses, les deux sculpteurs honoraient leur ville d’origine en lui offrant une importante collection d’œuvres. Elles devenaient la base d’un musée qui porta leur nom, et qui devait susciter une émulation pour des artistes plus jeunes.
Les autres sculpteurs réunis dans le fonds initial étaient des connaissances de Paul Dubois et d’Alfred Boucher. Ce dernier fut l’élève d’Augustin Dumont à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, l’un des trois chefs d’ateliers de sculpture dont les deux autres étaient François Jouffroy et Eugène Guillaume. Emmanuel Hannaux, Emile Laporte, Georges Loiseau-Bailly, Léopold Savine et Jules Thomas furent eux aussi des élèves d’Augustin Dumont, Jules Thomas prenant ensuite la direction de cet atelier à l’Ecole des Beaux-Arts. C’était donc toute une tradition qui se poursuivait et perdurait, sans accidents particuliers, à la différence de la peinture de la même époque qui vit apparaître un bouleversement sans précédent dans l’acte de peindre, et qui déboucha, d’un mouvement l’autre, à la naissance de l’art moderne au début du 20e siècle.
La sculpture de cette période apparaît comme l’antithèse absolue de la peinture, en cela qu’elle maintenait contre vents et marées des sujets convenus, un processus d’exécution immuable, une commune façon de se former et de construire son œuvre. Il fallut attendre Rodin, une fois atteint son âge mûr, pour oser provoquer le goût du public et des spécialistes lors du refus du Monument à Balzac, en 1898. Encore ce scandale était-il contrebalancé par l’envoi au même Salon du marbre du Baiser, d’inspiration plus classique, qui reçut un excellent accueil.
Le musée de Nogent-sur-Seine ne fut pas épargné durant plusieurs décennies, de 1940 aux années 1970. La galerie des sculptures, destinée à recevoir les plâtres-modèles des sculptures de grand format, fut abandonnée durant la 2e Guerre mondiale. Elle se dégrada rapidement, au point que la toiture éventrée laissa les eaux de ruissellement accélérer leur œuvre de destruction. Au musée lui-même, les pertes furent nombreuses, et l’on peut chiffrer à plus de 1200 numéros le nombre des tableaux, sculptures, céramiques et autres objets archéologiques, qui disparurent durant la période 1940-1970.
Grâce à l’action du Groupe Archéologique du Nogentais, le musée reprit ses activités en présentant le mobilier découvert lors de diverses campagnes de fouilles. En 1995, la nouvelle galerie de sculptures construite en lieu et place de l’ancienne, permit d’exposer des plâtres-modèles restaurés sous l’égide du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). Un catalogue des sculptures fut publié pour la circonstance, suivi par d’autres ouvrages, essentiellement des catalogues d’exposition édités de façon régulière. Le soutien apporté par des institutions muséales prestigieuses comme le musée d’Orsay, le musée Rodin, et le musée des Beaux-Arts de Troyes, permit de définir une politique d’expositions temporaires de qualité qui mettaient en valeur les collections nogentaises. Les acquisitions reprirent elles aussi, dans les années 1980, puis de manière de plus en plus active depuis une vingtaine d’années.






