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Alfred Boucher, À la terre

Exposé au Salon des Artistes Français de 1891, À la terre valut une Médaille d’Honneur à Alfred Boucher. Cette œuvre s’inscrit dans la veine réaliste de Boucher, à l’exemple du Forgeron et de La Faneuse.
L'œuvre en images À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre À la terre

L'oeuvre représente un terrassier au travail, vêtu seulement d’une ceinture nouée autour de la taille. Avec sa bêche, il creuse la terre, en sollicitant sa puissante musculature. Alfred Boucher confère à son personnage une dimension héroïque, par l’extraordinaire tension des muscles. En son temps, l’œuvre fut qualifiée par la critique «d’apothéose michelangelesque du muscle et de l’effort”».

En fait, le personnage incarne une vision idéalisée du travail manuel, bien éloignée d’une simple représentation naturaliste. Il s’agissait, pour Boucher, de rendre un hommage aux vertus d’abnégation et de courage de son milieu social d’origine. Mais l’hommage est enrichi par son expérience de sculpteur. La parfaite connaissance de l’anatomie y est manifeste, de même que la qualité du travail de la taille directe.

À travers l’observation du réel, il s’agissait bien, pour Alfred Boucher, de renouer avec l’idéal classique et antique, le visage serein et calme de l’homme évoquant davantage un dieu grec qu’un portrait. Il s’agit ici d’une réduction par rapport à l’œuvre originale, qui a longtemps orné l’une des façades du musée Galliéra à Paris. On y retrouve cet esprit héroïque qui animait Meunier, Dalou et Rodin lorsqu’ils abordèrent des sujets qui rendaient hommage au Travail.

Texte : Yves Bourel

Boucher Alfred
Bouy-sur-Orvin, 1850 - Aix-les-Bains, 1934
Marbre, taille directe, après 1890
Signé A. Boucher (sur la terrasse)
Achat avec participation du FRAM Champagne-Ardenne en 2004 ; inv. 2004.3

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Dernière modification le Vendredi, 28 Janvier 2011 16:44
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