Nuit des musées 2014

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Le musée vous ouvre ses portes pour la Nuit des musées, samedi 17 mai 2014 de 19h à 0h, Entrée gratuite.

Devenez Ambassadeur du musée

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Découvrez Camille Claudel à Nogent-sur-Seine et devenez les ambassadeurs du musée de Nogent-sur-Seine en partageant autour de vous tracts et affiches.

Supplément de l'Echo Nogentais : le projet de musée Camille Claudel

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Consultez en ligne le numéro spécial de l'Echo Nogentais, supplément au n°85, dédié au projet de musée Camille Claudel.

Le futur Musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine

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Le Conseil Municipal du 26 janvier 2012 a autorisé le Maire de Nogent-sur-Seine à signer le contrat de Partenariat Public Privé avec la société Musée nogent SAS afin de réaliser le futur Musée Cam...

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    Vendredi, 27 Janvier 2012 13:54

Vous Êtes ici : Les artistes Paul Dubois

Paul Dubois

À la différence de beaucoup de sculpteurs de son époque, Paul Dubois est issu d’un milieu aisé et cultivé. Son père, François Antoine, était notaire, maire de la ville de Nogent-sur-Seine, et conseiller général de l’Aube

L'artiste en images Jeanne d'Arc, achat de l'état 1900 Atelier de Paul Dubois, avec des esquisses pour le Génie de la France Atelier de Paul Dubois, avec le Chanteur florentin, et le Mercure de Pigalle Atelier de Paul Dubois, avec plusieurs versions de La Madeleine repentante Atelier de Paul Dubois, avec un Portrait de femme en cours d'excution Atelier de Paul Dubois. Au mur, le portrait de ses fils Le c&eacutenotaphe Lamorici&eagrave;re dans la cath&eacutedrale de Nantes Paul Dubois dans son atelier Paul Dubois en chanteur florentin Paul Dubois et Jean-Jacques Henner en visite au Salon. Photographie C. Michelez, musée Rodin, Paris.

E nfant unique, Paul Dubois fait ses études à Paris, au lycée Louis-le-Grand, et y prépare l’examen d’entrée à Polytechnique. Mais il s’intéresse à l’art, à la sculpture, à la musique. On pourrait même évoquer une sorte de filiation, puisque son grand-oncle était le célèbre sculpteur Jean-Baptiste Pigalle (1714 – 1785), filiation, qui le conduisit à signer et pendant longtemps ses propres œuvres « Dubois-Pigalle ». C’était pour lui une façon de se situer d’emblée dans une tradition artistique et esthétique, celle de la sculpture française classique.

Le parcours de Paul Dubois est très original dans le milieu de la sculpture de cette période. Élève à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Armand Toussaint, un élève de David d’Angers, il ne prépare cependant pas le Prix de Rome. Ses moyens financiers lui permettent de financer un voyage en Italie. Durant son séjour à Rome, qui dura cinq ans, il fréquenta les pensionnaires de la Villa Médicis, les sculpteurs Henri Chapu et Alexandre Falguière, le peintre Didier et les musiciens Georges Bizet et Emile Paladhile. Il se familiarisa aussi avec l’art antique, dans lequel il se retrouvait tout à fait. Voici notamment ce qu’il en disait :

Voilà l’école [l’Antique] où se forme le goût sûr, l’amour de la vérité sans exagération ni bizarreries, le sentiment de la mesure, la grandeur et la simplicité du style. Ne croyez pas que l’étude des Maîtres puisse rien ôter à l’originalité du talent ! […] Les Maîtres vous enseignent que c’est par la manière personnelle de sentir et d’exprimer les passions éternelles de l’humanité qu’un artiste renouvelle et s’approprie un sujet. ». Goût, vérité, mesure, grandeur et simplicité. En faisant ses recommandations aux élèves-sculpteurs, Dubois définissait ainsi sa propre esthétique, aussi éloignée de celle de Rodin que de celle des autres sculpteurs académiques de son temps.

Goût, vérité, mesure, grandeur et simplicité. En faisant ses recommandations aux élèves-sculpteurs, Dubois définissait ainsi sa propre esthétique, aussi éloignée de celle de Rodin que de celle des autres sculpteurs académiques de son temps.

Ceci témoigne d’une liberté d’esprit et de comportement assez rare à l’époque, qui se manifeste dès ses premiers envois au Salon. Son Saint Jean-Baptiste enfant, son Narcisse, présentent d’emblée des caractères esthétiques parfaitement maîtrisés et exprimés ; la marque de l’antiquité y est visible, celle de la sculpture française du 18e siècle, et de la sculpture italienne du quattrocento. Le résultat est harmonieux, d’une extrême élégance, et montre une grande assurance dans l’exécution. C’est en tout cas très différent de la formation traditionnelle avec ses morceaux imposés ! Paul Dubois se fait ainsi remarquer immédiatement au Salon de 1863, devenant le chef de file des « néo-florentins », et plus encore au Salon de 1865 où il expose son Chanteur florentin. Cette œuvre fut très populaire, et imposa Paul Dubois, alors âgé de 36 ans, comme un des artistes majeurs de la jeune génération. L’âge a son importance, qui indique un homme qui aime prendre son temps, et son goût prononcé pour les œuvres lentement mûries. Paul Dubois n’était ni un démiurge comme Rodin, ni un artiste pressé comme tant de ses confrères contemporains. C’était un homme intègre, patient, appliqué et rigoureux, sous des dehors cordiaux et pleins de courtoisie.

En 1868, pour le tombeau de son père au cimetière de Nogent-sur-Seine, il modèle une figure de la Douleur d’une grande pureté de ligne et d’une expression intériorisée. La genèse de ses œuvres exige de lui un long travail d’études : il dessine beaucoup, modèle la cire et la glaise, ajoute à ses figures en cours des bouts de papier, du tissu, il reprend sans cesse les profils et les poses, accentuant tel mouvement, précisant un autre, sans qu’il n’y ait dans ce travail quelque chose de besogneux ni de contraint. Cette qualité innée est très visible dans son Eve naissante (Salon de 1873), à la pose inspirée par la peinture italienne, et si accomplie. De ce sujet, les sculpteurs choisissaient plus volontiers Eve après le péché. Dubois la représente au moment de sa naissance, riche encore de toute sa grâce et de sa vertu, émerveillée de naître au monde. Après des débuts difficiles sur le plan financier, une série de commandes va déterminer la suite de sa carrière.

Le général de Lamoricière était mort en 1865, et dès 1866 uns souscription était organisée à la demande du Saint-Siège. Le cénotaphe dédié au général de Lamoricière demanda une dizaine d’années de travail à Paul Dubois. En 1876, il envoyait au Salon les quatre figures d’angle, la Charité, la Foi, le Courage militaire et la Méditation, le monument étant présenté au Champ-de-Mars en 1878, assorti de la figure en gisant, avant son inauguration dans la cathédrale de Nantes en 1879. En s’inspirant de Michel-Ange, Dubois renouvelait le vocabulaire de la sculpture funéraire.

En 1871, le duc d’Aumale lui commanda une statue équestre du Connétable Anne de Montmorency pour les jardins du château de Chantilly, où la figure est toujours en place. Cette figure altière fut présentée au Salon de 1886. A côté de tant de monuments commémoratifs ornés de figures allégoriques, le retour au portrait équestre remettait à l’honneur ce genre si prisé sous l’Ancien régime, sans que l’on puisse songer à un pastiche.

En 1879, une souscription était lancée à Reims pour l’érection d’un monument dédié à Jeanne d’Arc. Exposée au Salon de 1895, après de multiples études dessinées, peintes et modelées, la figure équestre suscita une vive émotion et un grand enthousiasme de la part du public. Paul Dubois aimait, par nature, ces travaux lentement réfléchis, et son exécution ne porte pas trace de lourdeur ni d’ennui. Paul Dubois fut également un grand portraitiste, habile à suggérer une personnalité à travers la ressemblance physique, portraits qui eurent une grande répercussion sur ceux réalisés par Alfred Boucher. Parmi les plus célèbres, on peut citer le buste de Pasteur, exécuté en 1879 à la demande de Carl Jacobsen.

Sans chercher à briguer les honneurs, Dubois fut, entre 1874 et 1878, le conservateur adjoint du musée du Luxembourg, à Paris. Nommé directeur de l’Ecole nationale des beaux-arts en 1878, il assura ses fonctions jusqu’à sa mort en 1905.  Durant ses dernières années, il conçut un monument ambitieux dédié au Génie de la France. Le traumatisme de la défaite face à la Prusse en 1871 était encore présent dans tous les esprits.

Déjà, sa Jeanne d’Arc exaltait un patriotisme profond et ardent. Du monument au Génie de la France, qui existe à l’état de maquettes, un groupe fut mené à bonne fin : le Souvenir, qui met en scène deux femmes éplorées symbolisant l’Alsace et la Lorraine.

Il participa avec Alfred Boucher à la création du musée de Nogent-sur-Seine en 1902. Ses œuvres sont essentiellement conservées au musée des beaux-arts de Troyes, où Paul Dubois puis sa famille procédèrent à d’importantes donations.

Texte : Yves bourel

Dernière modification le Mardi, 25 Janvier 2011 11:13

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